Boucles d’oreilles

Dans sa boutique, la fauvette expose et vend :

Les boucles d’oreilles que la fauvette crée naissent toutes d’une bonne entente entre son imagination et son talent à les fabriquer.

Dans une petite coupelle en terre cuite, posée devant elle sur son établi en bois, à portée de main et de regard, la fauvette rassemble toutes les pièces dont elle ne s’est pas encore servie.

Cette petite récolte fait l’objet de toute son attention.

Au fur et à mesure que le temps passe, dans cette petite poterie s’amoncèlent de nombreux fragments de bijoux en devenir : des perles de verre colorées, des perles à facettes de différentes tailles, des gouttes de verre, des perles de nacre, des perles de bois ou de plastique côtoient des cages argentées, des pièces anciennes, de vieilles broches, des pièces émaillées de différentes formes, rondes, ovales, en losange, et de différentes couleurs, roses, saumons, vertes, jaunes, rouges, noires ou blanches, et s’entremêlent à des pièces en bronze oxydé, à des strass, à des breloques en cuivre ou en laiton, à des pierres semi-précieuses, à des chaînes billes dorées ou des chaînes en bronze, à des petits morceaux de dentelles, à des bouts de tissus, de fils ou à des pompons.

Dans d’anciens bijoux récupérés s’enchevêtrent également des éléments de bijoux fantaisies que la fauvette a démontés. Elle donnera à ces échantillons de bijoux fantaisies confectionnés industriellement, à la chaîne, et assemblés de façon mécanique en séries illimitées, une singularité nouvelle.

Ainsi, toutes ces pièces, banales ou plus rares, attendent de trouver l’espace où se fixer définitivement au sein d’un bijou et d’être composées en un ensemble harmonieux.

Enfoui à l’intérieur de ce gisement de métaux brillants et de matériaux pétillants, une pièce appelle la créatrice en semblant lui parler plus fort que les autres.

La fauvette plonge sa main dans la coupelle pour la saisir, et ses doigts opèrent une véritable alchimie en brassant tout le contenu.

Les perles se mettent à rouler au son de petits tintements, les fragments de bijoux se mettent à danser les uns avec les autres en tintinnabulant, les petits objets se mettent à se rapprocher, à s’éloigner les uns des autres en glissant, ou à s’entrechoquer les uns contre les autres aux sons de petits cliquetis, et finissent parfois par s’accorder.

Alors la fauvette tire sur la pièce pour l’assortir, et, comme par magie, s’accrochent à elle, s’arrangent autour d’elle et s’articulent auprès d’elle tous les autres éléments qui l’accompagneront délicatement pour la mettre en valeur. Une combinaison complexe ou une plus simple suite émerge. Un bijou apparaît. C’est une boucle d’oreille hors paire qui trouvera bientôt sa moitié mais qui ne lui sera pas pour autant jumelle.

Tandis que les pièces continuent de chanter, de chuchoter ou de bavarder entre elles dans le creuset de terre cuite, certaines commencent déjà à inspirer la créatrice, et les prochains bijoux se dessinent.

Ainsi, dans la boutique de la fauvette, des gammes de différents modèles patientent silencieusement pour trouver preneur, et de multiples boucles d’oreilles sont prêtes à être portés pour vous habiller et vous sublimer.